Depuis ses tout débuts, l’accès au Web commence par un nom de domaine. Que ce soit pour publier un blog, pour faire une recherche ou pour le divertissement; le nom de domaine est la porte d’entrée du Web. Il est la pièce centrale de l’internet commercial et est devenue l’une des commodités les plus dispendieuses du monde. À ce jour, sa valeur n’a fait que grimper.
Voici la petite histoire du domaining:
La nouvelle frontière
À la fin des années 1800 certains territoires Américains ont été mis disponibles au grand public sur la base du « premier arrivé, premier servi ». Les gens se sont rués pour réclamer une parcelle de ces nouvelles terres. Le lancement public dans les années 90 de l’Internet commercial a eu un impact similaire sur l’imaginaire collectif. Comme 100 ans auparavant, on s’est rué par milliers à la conquête de cette nouvelle frontière d’opportunités et de découvertes. Comme 100 ans plus tôt, pour obtenir votre parcelle du Web vous deviez simplement la réclamer et surtout être le premier à le faire; les noms de domaines sont tout aussi unique et exclusif qu’un territoire.
La première vague – la ruée initiale
La première vague massive d’enregistrement de noms de domaines eu lieu sans délais. Déjà en 1999, plus de 43 millions de noms de domaines étaient enregistrés. C’est bien sûr lors de cette première vague que les noms de domaines ayant les plus hautes valeurs commerciales ont été enregistrés. Les sex.com, business.com, par exemple, ainsi que des centaines d’autres de cet acabit ont disparus pour toujours de l’enregistrement libre et passent maintenant de propriétaire en propriétaire à coup de millions de dollars par transaction.
La deuxième vague – l’éclatement de la bulle techno
Au tournant du millénaire, aucun modèle d’affaires vraiment viable ou rentable n’avait encore été exploité sur le Web. La bulle boursière engendrée par la fièvre de cette nouvelle frontière, devenue immense et ridicule, s’essouffla et s’écroula sur elle-même. Les entreprises désertèrent le Web aussi rapidement qu’elles s’y étaient ruées. Des millions de noms de domaines atteignirent l’expiration de leur enregistrement et ne furent pas renouvelés. La deuxième vague d’enregistrement eu lieu à ce moment. Une poignée d’individus, contre vents et marées et souvent de façon audacieuse en liquidant pratiquement tout leurs avoirs, récupérèrent les domaines en expiration à la seconde précise de leur retour à l’enregistrement libre.
La troisième vague – la monétisation
Les noms de domaines qui sont formés avec des mots réellement cherchés par les internautes sur les moteurs de recherches ont cette particularité qu’ils génèrent automatiquement un certain volume de visites. C’est ce que l’on appelle la « navigation directe » ou le « type in traffic ». Ce qui se produit, c’est que le chercheur, plutôt que de se rendre sur son moteur de recherche préféré et d’y taper les mots de sa recherche, tente un accès direct en tapant sa recherche dans la barre d’adresse de son navigateur. Ainsi quelqu’un à la recherche de chaussures, par exemple, pourrait taper chaussures.com dans son navigateur et ainsi atterrir directement sur le site Web du propriétaire de ce nom de domaine, sans passer par la recherche.
Il ne restait plus aux détenteurs de noms de domaines à traffic « type in » qu’à trouver une façon de monnayer ces visiteurs. Pendant ce temps, le concept de publicité au coût par clic prenant de l’essor vient dénouer cette situation. Google n’a pas inventé le concept de la publicité au coût par clic mais elle est toutefois la première à l’avoir exploité avec tant de succès, entre autres, en permettant à n’importe qui de diffuser ses annonces sur sa propre page Web et en développant une technologie sophistiquée de ciblage de la publicité. Le marché du domaining est véritablement né à ce moment lorsque les annonces au coût par clic ont été affichées sur tous ces noms de domaines à traffic « type in », générant du coup des millions de dollars en clics publicitaires. Les annonces au coût par clic entretienent un écosystème d’éditeurs, d’annonceurs et de consommateurs qui génère présentement dans l’ordre des $30 Milliards de dollars en revenu publicitaire. Le domaining rafle une part importante, estimée à 15%, de ce marché colossal.
La troisième vague d’enregistrement découle de cet accès facile à la monétisation. Elle est marqué par des tactiques douteuses comme le « domain tasting », le « front running » et l’enregistrement en masse de noms de domaines courts. Alors que le domaining fabrique des stars millionnaires coulant la grosse vie sur des iles exotiques, de plus en plus de monde en deviennent conscient et tentent le coup en enregistrant n’importe quoi qui soit encore disponible, attiré par la richesse facile et sans effort.
La quatrième vague – le marché de la revente
La quatrième vague d’appropriation de noms de domaines est en cours présentement et a lieu sur le marché de la revente. Ce marché existe depuis les débuts du Web mais les transactions ont jusqu’à dernièrement surtout eu lieu entre initiés. Aujourd’hui et surtout en cette période difficile de crise économique, alors que les entreprises tentent de survivre par tous les moyens, beaucoup comprennent enfin la valeur ajoutée d’un nom de domaine de qualité pour la conduite de leurs affaires.
Ce marché est en explosion et ne semble pas sur le point de s’essouffler.
Et vous… Avez-vous réclamé votre parcelle du Web ?
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Bravo pour ce texte qui résume bien la situation actuelle. Je suis entièrement d’accord avec toi. Continue
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